jeudi 12 mars 2015

McTiernan revient en France


Le Festival du film policier de Beaune rendra hommage à John McTiernan, mais aussi à l'acteur Claude Brasseur et à Bertrand Tavernier. On aimerait que le réalisateur américain et le réalisateur français se rencontrent et discutent cinéma, cinéma d'action, cinéma américain, européen... Le résultat devrait être aussi passionnant que la rencontre Tarantino et Tavernier. Bon après, je ne sais pas si McTiernan connait bien l'oeuvre de Tavernier mais Tavernier lui connait assez bien les films de McTiernan, voici un extrait d'une interview accordée à Lumière il y a de ça 15 ans :

Lumière ! : Vous pensez qu'il n'y a plus de gens comme ça aujourd'hui à Hollywood ?

B.T. : Si, si, il y en a quelques-uns. Vous avez Altman, vous avez John Sayles, quelques personnes comme ça... Il y en a moins maintenant. Le cinéma américain, depuis quelques années, il est pas très excitant dans l'ensemble. Bon j'arrive pas à voir tout ce qui sort et il est tout à fait possible que, comme durant chaque période de l'histoire du cinéma, on passe à côté de films intéréssants qu'on va redécouvrir quelques années plus tard. Qu'ils soient Anglais ou Américains : dans "Positif" récemment ils signalaient le film de Charles Sturridge, qui s'appelle "Vérités", et ils disaient que c'est un film très intéréssant. Mais il y a quelque chose qui fait que la plupart des films ont l'air d'être tellement fabriqués, déjà faits avant qu'ils aient été faits. Alors on peut dire que c'était le même cas avant, quand les studios travaillaient à la chaine, et c'est vrai qu'une partie de la production était comme ça, mais il y avait une importance des scénaristes, des producteurs. Moi je donne souvent l'exemple de la Fox où en apparence les films de Hathaway, de King, de John Ford et d'Élia Kazan ont un espèce de vernis un peu semblable mais quand vous les regardez en profondeur ils sont totalement dissemblables... Pourtant ils ont été fait les mêmes années, avec les mêmes techniciens, les mêmes scénaristes, les mêmes chef-opérateurs, les mêmes acteurs et ils sont dissemblables. Et on voit très facilement la différence entre Henry King et Henry Hattaway, on la voit très facilement... La différence entre John Mctiernan et Harry Yulin, par exemple, pour moi c'est une énigme. Je n'arrive pas à voir même leur personnalité. Sinon à part un brio dans les effets spéciaux, une manière de bien placer la caméra, une science dans l'art de multiplier les plans. Mais en dehors de ça je n'arrive pas à savoir qui c'est. La plupart des metteurs en scène américains pour moi ce sont des inconnus. Ce qui n'était pas le cas quand j'étais jeune cinéphile où j'arrivais à sentir la personnalité de Michael Curtis, d'Henry King, et on se trompait parfois mais pas souvent.

Vous savez quoi faire du 25 au 29 mars à Beaune.

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