jeudi 25 décembre 2014

Dan Bronson et John McT. Première partie : Nomads & The Quest of St. James Elk


Cet article s'appuie sur les chapitres 31 et 52 de ces confessions.



NOMADS
Chapitre 31 : a bill of divorcement / Une lettre de divorce

Dan Bronson, scénariste hollywoodien pour le meilleur et pour le pire (on pourrait traduire le titre de son livre par Confessions d'un anonyme d'Hollywood) connait John McTiernan depuis ses débuts à Hollywood. Après un court passage aux studio Universal, il est embauché au début des années 80 comme associate story editor dans une petite boîte de production nommée Filmway Pictures. Il arrive à son nouveau travail avec le scénario de Nomads que lui a donné un de ses contacts à Universal, John Humphreys. Le studio a refusé le script mais Dan Bronson est sous le charme. Il découvre en McTiernan un véritable auteur et un réalisateur à suivre. Découvrant que Nomads a aussi été rejeté par Filmway, Bronson revient à la charge, ressort le script de la poubelle et leur dit tout le bien qu'il pense de McTiernan et de son scénario :

"Je leur ai parlé de McTiernan et de Nomads, comment il réinventait la forme du scénario et avait découvert une manière de faire exister l'histoire sur papier de la même manière qu'un film existe sur l'écran. Comment il avait redonné du sang neuf au film d'horreur en utilisant ce vieux genre fatigué pour dépeindre Los Angeles comme un vaste désert de béton et de verre peuplé de nomades aliénés, hanté par des esprits hostiles."



Bronson écrit ensuite un résumé du film qui finit par cette note très positive : "McTiernan va devenir un très grand scénariste et réalisateur, j'aimerais que Filmway sorte son tout premier film." Cassian Elwes, alors patron de la Filmway Pictures, et convaincu en parle à son beau-père, le célèbre producteur de la MGM, Elliot Kastner. La production du film est lancée.

Le chapitre 31 s'appelle une lettre de divorce parce que la Filmway Pictures change de main. George Litto, producteur de quelques De Palma devient le nouveau dirigeant et demande à Bronson et à Donna Dubrow, alors vice présidente de production (elle sera la deuxième femme de McTiernan), de faire leur bagage...




THE QUEST OF ST. JAMES ELK
chapitre 52 : Me and John McT / Moi et John McT

Chapitre dans lequel Dan Bronson révèle que le meilleur film de John McTiernan n'est jamais sorti sur grand écran, un film qui n'existe que sur papier et qui s'appelle The Quest of St. James Elk...

Impressionné par le script de Nomads, Elliot Kastner commande un nouveau scénario à McTiernan. Dan Bronson, résume The Quest of St. James Elk en ces termes : "C'était Robin des Bois situé dans un futur si lointain qu'il ressemble au passé."

Bronson doit écrire un commentaire sur le film pour donner envie aux plus grands studios, de produire cette quête. En voici la traduction :

"MAGIQUE !
Par un coup de baguette verbale, McTiernan nous emmène dans un royaume enchanté fait de brouillard et d'arbres monstrueux. Il convoque aussi des créatures des ténèbres, des sorcières, des hurleurs et des Seigneurs du mal - et pour un temps, sa description d'une nature primitive devient un paysage cauchemardesque. Mais au bout du compte, il invoque la force du courage et de l'amour, qui finissent par chasser les démons et dissiper les ténèbres. Pour faire court, la Quête de St. James Elk est de la pure sorcellerie cinématographique qui attirera les spectateurs dans les cinémas, encore et encore, il les charmera avec son mélange d'action héroïque, sa séparation claire du Bien et du Mal, et un amour si puissant qu'il peut racheter le plus sombre des cœurs humains. C'est une magnifique évasion à ranger aux côtés de Star Wars et des Aventuriers de l'arche perdue. La Quête nous emmène là où nous ne sommes jamais allé, et c'est un voyage que nous aimerions tous faire.

Faisons ce film !"

Cette note plait tellement à McTiernan qu'il s'en servira à chaque fois qu'il aura l'occasion de vendre son histoire. C'est aussi cette note qui rapprochera les deux hommes et consolidera leur amitié.

Mais Jeffrey Katzenberg refuse de le faire. La Paramount n'en veut pas. Le projet n'est pas seulement trop cher, trop ambitieux, le problème c'est qu'au début des années 80, John McTiernan n'est personne. Cela ne changera pas après la sortie difficile de Nomads. Le film connait un bon accueil critique en Europe mais le public américain le boudera. Il faut dire qu'une distribution tardive et discrète n'a pas vraiment aidé le film.

Bronson révèle à la fin du chapitre 52 que les droits de The Quest of St. James Elk vont finalement échapper à McTiernan. Le réalisateur retouchera le scénario de la plupart de ses films mais il n'en écrira plus jusqu'au prochain Warbirds et l'hypothétique Thomas Crown and the Missing Lioness...

Bronson se souvient d'une ballade en compagnie de McTiernan dans son ranch du Wyoming :
McT : Je ne pourrais pas faire ce que tu fais.
Dan Bronson : Comment ça ?
McT : Travailler un an, deux ans sur un script, y mettre tout ce que j'ai sans avoir la garantie qu'il sera un jour produit. C'est pourquoi je ne prends que ce qu'on me propose. Je ne prends que des projets qui ont eu le feu vert.

Après recherche, il semble qu'une copie de The Quest soit tombée entre les mains du réalisateur et chorégraphe Bob Fosse, mort en 1987. St. James Elk traine donc dans un des cartons de sa collection personnelle à la Bibliothèque du Congrès de Washington DC depuis 1992. J'ai comme une soudaine envie de faire le déplacement, pas vous ?

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