mardi 5 août 2014

GQ magazine - Juillet 1996

Deux pépites se cachent
dans ce monument de littérature 

Pépite 1
page 145:

MASTER CLASS
par Chris Petrikin

Vous vous demandez où les auteurs de films d'action ont appris leurs trucs ? GQ a demandé à quelques uns des meilleurs de nommer leurs films préférés et leurs plus grandes influences... 

Le film d'action est peut être un genre relativement nouveau, mais ses meilleurs praticiens connaissent bien leur histoire du cinéma, en tout cas, c'est ce que GQ a découvert quand nous avons demandé à plusieurs producteurs et réalisateurs quelles étaient leurs influences et leurs films préférés. Il peut sembler surprenant de voir que John Woo, Joel Silver et John McTiernan ont été influencés par à peu près tout, depuis les épopées de David Lean jusqu'au cinéma d'art et essai de Jacques Demy. Alors la prochaine fois que vous verrez Jean-Claude Van Damme étaler deux voyous avec un coup de pied aérien, pensez qu'il s'est peut-être inspiré de Chantons sous la pluie.

...
John McTiernan :
"Le réalisateur que j'admire le plus, c'est Stanley Kubrick. Il a fait quelques très bonnes scènes d'action, comme la scène de l'avion dans Dr Folamour. C'est de la satire, mais il y a un sentiment de véracité, on ressent le réel, et elle est convaincante, car elle a une limite. Une autre, c'est celle du vol sur le champ de course dans The Killing. Elle est fantastique parce que, dès que la course démarre, quand Sterling Hayden matraque le garde, Kubrick pose la caméra de l'autre côté du couloir, de sorte que vous voyez à peine l'action. Mais vous la ressentez. Vous n'êtes pas en mesure de voir clairement l'action, mais vous la ressentez. La scène de duel dans Barry Lyndon aussi est incroyable. C'est tellement lent et plein de tension, il offre un regard différent sur ce que doit être une scène traditionnellement orientée action".



Pépite 2
page 151:

BEEFALO SOLDIER
par John Brodie

Réalisateur et éleveur, John McTiernan combat le combat juste, celui de "l'autre viande rouge". 

Venez essayer l'autre viande rouge, susurre l'agent publicitaire qui m'invite à rencontrer John McTiernan, le Léviathan du box-office, l'homme derrière deux Die hard, A la poursuite d'Octobre Rouge, Last Action Hero et Predator. La vocation de McTiernan et son métier de réalisateur se prêtent mal au jeu des comparaisons, qui deviennent vite peu flatteuses : quand il a du temps libre, il élève dans le Wyoming des beefalo, un croisement entre des buffles et des bovins ordinaires. Mais avant même que je m'installe dans le fauteuil du restaurant tape-à l'oeil de Beverly Hills l'Eclipse, le réalisateur me prévient : J'espère vraiment que vous n'allez pas continuer sur cette métaphore, parce que vous sous-entendez que je rassemble du bétail à l'écran. Et ce serait offensant.  Je prends note.

En 1991, j'ai acheté quelques vaches beefalo, explique McTiernan. Un beefalo robuste ressemble à une vache ordinaire pour une personne de la ville, mais pour un éleveur c'est différent, il dirait : "C'est quoi le problème avec cette vache ?" Eh bien, les bovins que nous avons, représentent tous les pourcentages de buffles et de vaches et celles du milieu ressemblent à ces extraordinaires vaches de l'âge de pierre.

La nourriture vedette de la soirée est rapidement à portée de main : du beefalo carpaccio. Dans mon vocabulaire italien limité, carpaccio se traduit en gros par crue. Alors, sur un ton tout ce qu'il y a de plus diplomatique, je demande: Dans votre ranch, vous tuez les vaches et découpez la viande vous-même ?

Nous n'avons pas notre propre boucherie, explique le réalisateur. Depuis Bob's Big Boy, je veux dire depuis l'affaire Jack in the Box, nous sommes très scrupuleux. Nous amenons nos vaches à une installation inspectée par le gouvernement fédéral. Je ne m'approche pas d'elles. Soulagé, j'avale le carpaccio et trouve que sa consistance est légèrement plus dure que celle du bœuf ordinaire.


Comme nous passons à un risotto aux champignons sauvages accompagné d'un filet de beefalo assaisonné de poivre rare, McTiernan dit qu'il se sent loin de l'industrie du film et de ses potins. Le réalisateur préfère rester au Wyoming quand il le peut. Il n'a d'ailleurs aucun d'avis sur les films d'action qui sortent cet été, même s'il a déjà dirigé les stars de Rock (Sean Connery), Last man Standing (Bruce Willis), et Eraser (Arnold Schwarzenegger).

Le risotto cède la place à la pièce de résistance, un filet mignon de beefalo et une queue de homard servi avec du beurre de truffes noires à la ciboulette et une sauce au Cabernet et à l'ail rôti. Le maître d'hôtel apparaît et complimente McTiernan sur sa viande, envoyée par FedEx depuis son ranch. Je tiens à l'ajouter à ma carte et lui donner le nom de beef-de-l'eau, lance-t-il. Son jeu de mots nous fait rire, mais le maître d'hôtel a involontairement touché un point sensible, la viande de Beefalo n'est pas disponible, même dans les marchés les plus branchés. Robert Mitchum et James Garner sont de bons ambassadeurs de la viande, mais McTiernan peut devenir le meilleur concernant celle du beefalo. Il veut savoir si je vais aider sa cause. Que pensez-vous de ma viande ? demande-t-il.

C'était génial, je réponds. J'espère juste que ce repas ne se transformera pas en Die Hard dans mon colon.

Mon dieu, mon hôte répond en plaisantant. Ça pourrait devenir un des films d'action de l'été prochain. Ils font déjà un Die Hard dans un tunnel et un autre sur un pont...


6 commentaires:

  1. Bonjour Rem Oz,

    Juste un petit commentaire pour te remercier énormément pour tes superbes traductions d'articles de la presse US de 90's liés à McT !

    J'ai pris un grand plaisir à lire celle du "How much bigger can the bang get" du Los Angeles Times et j'attends d'avoir revu "Last Action Hero" pour dévorer ensuite ta traduction du "The life and the death of Last Action Hero" d'Empire ! En espérant que tu nous permettras de découvrir encore d'autres articles de ce type :)

    Autrement, je possède quelques retranscriptions d'interviews de McT publiées dans la presse française (notamment sa longue interview réalisée par les Cahiers du cinéma en 2003) : si cela te tente, n'hésites pas à me le faire savoir !

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour Squegee,

    Merci pour ton commentaire et ton encouragement déguisé. J'ai effectivement un vieil article anglais sous le coude.

    Tes retranscriptions d'interview françaises m'intéressent beaucoup, il serait intéressant de faire le contraire de ce que je fais pour les articles/interviews anglaises à savoir les traduire en anglais pour nos amis anglo-saxons.

    Pour Last Action Hero, je te conseille de le voir, si tu le peux, à Paris sur un grand écran de la Cinémathèque française en septembre. Pour ma part, je ne pourrai assister qu'à la projection de Predator et la Master Class. J'ai déjà revu Die Hard, A la poursuite d'Octobre Rouge et Le Treizième Guerrier lors de la passionnante soirée Free John McTiernan. Je conseille d'ailleurs à tout le monde de voir Die Hard projeté en 4K, j'ai redécouvert vraiment le film, la profondeur que McT donne à ses plans vaut tous les films en 3D...

    RépondreSupprimer
  3. Tout d'abord Rem Oz, toutes mes excuses pour ne pas avoir répondu plus tôt... mais je n'avais pas oublié ma proposition d'interviews françaises de McT ! Cela a été plus long que prévues, celles-ci étaient stockées dans un PC préhistorique avec un port USB très capricieux... mais c'est bon, j'ai pu toutes les récupérer :)

    Peux-tu me communiquer une adresse mail pour te les envoyer ?

    Je ne sais pas si tu as toujours pour projet de traduire en anglais des interview de McT pour nos amis anglo-saxons mais si oui, ils ont beaucoup de chance ! Qu'est-ce que cela serait bien si des anglo-saxons faisaient ça pour nous petits français !!

    Enfin, j'ai depuis mon message d’août dernier revu "Last Action Hero", malheureusement pas à la Cinémathèque française mais j'avais déjà eu la chance de le voir sur grand écran : en 1993, lors de sa sortie française, donc pas trop de regret :)

    RépondreSupprimer
  4. Cher Squegee, j'accepte bien sûr tes excuses. Les interviews françaises m'intéressent toujours, comme je l'ai dit, ça ne m'intéresse pas de les poster sur ce blog, seule, sans leur traduction, faut-il avoir le temps, entre le travail, les projets perso, la nuit, de les traduire. Pour l'adresse mail, je préfère ne pas la donner sur ce blog, préservons la vie privée (tiens, c'est drôle d'écrire ça quand on tient un blog sur un réalisateur) mais si Facebook tu as, tu me peux me trouver avec ce même pseudonyme, mon avatar, c'est le grand, le drôle Chevy Chase, dans son meilleur T-shirt.

    RépondreSupprimer
  5. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  6. Squegee, je me permets de squeezer ton message pour la simple et bonne raison que :
    johnmctiernandatabase@gmail.com
    Ta Da !
    Ça a fait chboum dans ma tête.

    RépondreSupprimer